Dunkirk : Error 404, character development not found // The Reviewist

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“This isn’t a movie that needs to be watched. This is a movie that needs to be experienced. // Ce n’est pas un film qui doit être vu. C’est un film qui doit être vécu.”

Je pense que ces phrases à elles seules résument parfaitement mon état d’esprit quand je suis sortie de la salle hier (ou plutôt ce matin) à 12h30 après avoir visionné Dunkerque/Dunkirk (je n’arrive pas à me mettre d’accord avec moi même sur l’appellation appropriée au film). J’avais essayé de ne pas lire/écouter/voir d’avis sur le film, comme je le fais à chaque fois que c’est un film que j’attends avec impatience. C’est ainsi que je suis allée le voir avec aucune opinion, aucun “bagages” si ce n’est ma grande impatience devant cette oeuvre qui reste signée Nolan, un de mes réalisateurs préférées. Dunkirk est donc un “film de guerre américano-britannico-franco-néerlandais”  du moins selon internet) racontant comment 400,000 soldats anglais ont été extirpés de la plage de Dunkerque en 1940, alors qu’ils étaient acculés et encerclés par les allemands écrit et réalisé par Christopher Nolan, et à l’équipe technique bien connue. Comme à son habitude, le réal d’Inception, la trilogie Dark Knight ou encore Interstellar a du mal à travailler sans le brio du compositeur Hans Zimmer (leur 6e collaboration), le talent des acteurs Tom Hardy et Cilian Murphy (respectivement 3e et 5e collaborations) et le génie du directeur de la photographie Hoyte Van Hoytema (2e collaboration). De plus, le film étant produit par sa femme, on sent que Nolan tient à faire de ses tournages une expérience presque familiale. Le problème, c’est que la plupart des critiques l’attendaient au tournant : tous ses films étant considérés comme bons, voir très bons, le “petit” dernier devait faire aussi bien, voir mieux. Je pense qu’ici, Nolan a essayé de faire de son film une vraie expérience sensorielle, plus qu’un film au schéma narratif logique et au dialogue claquant. C’est bien pour ça je pense, que le runtime est relativement faible comparé aux autre films de Nolan : 1h47 “seulement”, comparé aux 2h49 d’Interstellar, on est clairement sur une baisse de régime ! Pourtant, ces 107 minutes sont les plus intenses que j’ai pu vivre ces derniers mois au cinéma, on est en constant état d’alerte, on a l’impression qu’une catastrophe est imminente, et la tension est électrique de la première à la dernière seconde.

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Je me permettrais de rebondir sur ces secondes pour parler de la bande son. Encore une fois, Hans Zimmer nous offre un accompagnement époustouflant aux évènements, les sonorités tiennent presque un rôle principal à l’affiche du film. Pour cette prouesse, il enregistre le son de la montre de Nolan, et la manipule de façon à en faire une bande-son de film entière ! Ce procédé permettra non seulement au film d’être littéralement rythmé sur la cadence du temps qui s’échappe, mais en plus donne aux images plus de sens, plus de profondeur. Zimmer est l’un des seuls compositeurs capables de traduire les émotions, personnalités et moments en notes, sonorités et rythmes. Ci dessous, un extrait de la bande son, histoire que vous compreniez mieux de quoi je parle :

Ci-dessous un extrait d’un article du Buisness Insider, expliquant en quoi l’accompagnement musical du film est impressionnant :Capture d’écran 2017-07-24 à 18.03.36.pngNous arrivons alors à l’aspect du film qui fait controverse : le développement des personnages. Dans la plupart des critiques que j’ai lu/vu, le film est accusé de ne pas s’attarder assez sur le background des personnages. A la sortie, j’ai même entendu une personne dire “il était cool mais pas assez personnel”. Il est vrai qu’au générique de fin, les 3/4 d’entre eux n’ont pas été nommés, on ne sait rien de leur histoire, d’où ils viennent, ni de ce qu’ils feront après la bataille. Mais je pense que tout cela n’est pas laissé au hasard, et n’en fait pas du tout un film impersonnel : la guerre n’est pas une question de passé, ni de futur, c’est une affaire d’instant présent. L’ennemi ne cherchera pas à savoir où sont nés les personnages que l’ont suit, dans quel environnement ils ont pu évoluer jusqu’à en arriver au moment qu’ils vivent. Ce choix artistique relève selon moi du pur bon sens : Nolan inscrit son film dans sa quête vieille de deux décennies de vouloir dépeindre la réalité sans filtre, sans artifices. Il fait donc preuve selon moi de continuité et de constance par rapport à sa filmographie. Certains ont souligné le fait qu’il découle de ce sous développement des personnages un non-attachement à ces derniers, une sorte de “je m’en foutisme” à l’égard des protagonistes. Personnellement, je n’ai eu aucun problème à vraiment plonger dans le film, à soutenir les personnages et vouloir qu’ils s’en sortent, et je pense que c’est grandement du au fait qu’ils n’avaient pas vraiment d’histoire, j’ai donc pu m’identifier à eux très facilement, et me mettre à leur place. Tout cela ajouté aux effets sensoriels en fait un film qui se sent, se ressent, non pas un film qui se visionne tout simplement. (ci dessous l’uniformité des personnages à son apogée)

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Un point que j’aimerais aborder, concernant les personnages, et qui m’a honnêtement fait sourire : Harry Styles. Je l’avoue, j’ai eu une énorme phase de ma vie pendant laquelle les One Direction rythmaient mes journées. Et lorsque Styles a sorti son album plus tôt cette année, j’ai été agréablement surprise de sa transition musicale. Alors quand j’ai appris qu’il jouerait dans le prochain film de Nolan, je ne pouvais qu’appréhender. Et encore une fois, c’est une très bonne surprise que j’ai eu, étant donné qu’il joue très bien. Et le cast en général est excellent. Bien que les têtes d’affiches soient de grands noms, habitués de la presse, ils ne sont que secondaires, et les vrais personnages principaux sont de nouvelles têtes, qui s’en sortent excellemment bien je dois dire. C’est une bouffée de fraicheur que de voir de jeunes acteurs briller dans un film à gros budget comme celui ci. (ci dessous, Harry Styles, Fionn Whitehead, et Aneurin Barnard, les “nouvelles têtes” d’affiche du film)

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Le film a été tourné à 75% en format IMAX et à 25% en format pellicule standard de 70mm. Pour info, la taille conventionnelle de la pellicule de la majorité des films est le 35mm, ce qui est encore une  fois en continuité avec le travail antérieur du réalisateur, qui préconise l’utilisation de la pellicule au lieu du numérique, qui selon lui dénature l’image et le réalisme de ses oeuvres. (ci dessous le format classique comparé au format IMAX)

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A gauche vous pouvez voir la différence entre du 35mm (en haut à gauche) et de l’IMAX (en bas à droite) sur un autre film de Nolan : The Dark Knight.

Autre détail permettant de donner au film un rendu plus authentique : les effets spéciaux. Nolan démontre une fois de plus son côté old school, étant donné qu’il prône les effets dits “pratiques” au lieu du CGI (Computer Generated Imagery). Il utilise donc des silhouettes de carton pour représenter les 400,000 hommes présents sur la plage au lieu de les générer par ordinateur, recrute des milliers de figurants, et achète l’équivalent de $5 millions de bateaux et avions de chasses d’époque, pour donner un effet de “vrai”. (ci dessous les cartons et les figurants)

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Le seul vrai problème que j’ai eu, c’est la compréhension de la timeline. Comme à son habitude, Nolan a fait de son film un casse tête chronologique. Au départ, trois indications temporelles sont données à l’écran, en fonction du lieu filmé, et des personnages suivis (3 histoires se superposent) : one week (une semaine), one day (un jour), one hour (une heure). De plus, à travers le film, des scènes de nuit puis de jour sont montées à la suite, ce qui casse l’illusion de réalité, car on saute d’une chronologie à l’autre.  Ce n’est qu’au milieu du film que j’ai fini par comprendre à quel moment chaque action se passait. En usant de ce procédé, Nolan nous garde en perpétuelle tension, au bord de notre siège. Je ne m’attarderais pas sur ce point, je vous laisse plutôt voir la vidéo ci dessous, qui explique parfaitement bien comment et pourquoi le film a été monté ainsi (une petite pensée d’ailleurs au monteur : Lee Smith, un autre habitué de Nolan étant donné qu’ils ont collaboré sur 7 projets (!!), qui a du vivre l’enfer en post-prod).

Je vous invite aussi à jeter un oeil aux interviews du maestro lui même : Christopher Nolan. Car qui mieux que lui pour expliquer certains aspects du film que son réalisateur lui-même. Je pense honnêtement que ce film a besoin d’être vécu deux fois, si ce n’est plus,  pour lui rendre justice. Chaque détail est revu de plusieurs perspectives, ce qui peut prêter à confusion la première fois, mais qui permet de mieux comprendre le génie de Nolan, la deuxième fois.

C’est sur ces mots que je clôture cet article. Je ne compte pas instaurer de système de notations pour mes reviews, mais je vous recommande fortement d’aller voir Dunkirk, et de délaisser Baywatch (par pitié, ce film est un désastre et ne mérite pas du tout le détour) lors de votre prochaine sortie ciné !

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